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Ecriture d'un livre sur la déportation :
De Caen à Auschwitz

Présentation :

Le 6 juillet 1942 et le 24 janvier 1943, quatre-vingt-trois otages du Calvados étaient déportés vers le camp d'Auschwitz-Birkenau, à la suite du sabotage de la voie ferrée qui relie Caen à Cherbourg. Sept seulement de ces déportés revinrent; ils firent partie des convois "31 000" et "45 000", ainsi nommés en raison des séries matricules qui leur furent attribuées à leur arrivée au camp. Ils étaient condamnés par les nazis à disparaître dans "la nuit et le brouillard", sans laisser de  trace (ordonnance Nacht und Nebel de décembre 1941). Ils sont presque tous morts en Pologne.

Les élèves de 6ème, 5ème, 4ème et 3ème du collège ont travaillés pendant deux années scolaires , encadrés par une équipe de professeurs, à la réalisation d'un livre sur ces convois de déportés
Le livre intitulé "de Caen à Auschwitz", traite notamment des conditions d'arrestations des otages, des trajets vers les camps de Compiègne puis Auschwitz, de l'évasion réussie de deux otages, de l'internement à Compiègne puis à Auschwitz. Il présente les biographies de certains otages, les témoignages de déportés survivants ou de membres de leurs familles...

Après la publication, en juin 2001 du livre, vingt-cinq collégiens d'Evrecy et cinq lycéens caennais de Malherbe ont été reçus, par Jack Lang au ministère de l'éducation, à Paris

"De Caen à Auschwitz" : un projet qui continu !
Le livre de Caen à Auschwitz publié par des élèves du collège et du lycée Malherbe a permis d'affirmer avec force le devoir de mémoire. Il a été précédé de trois voyages à Auschwitz. Une exposition a été créé et un film réalisé par l'association "Mémoire vive" à partir du livre. Ils ont été présentés au CRDP de Caen devant une centaine d'enseignants de toute l'académie et au collège devant 130 élèves.

D'autres séances sont prévues au café des images, au Lux dans la manche et l'Orne. Le partenariat entre le collège et l'association Mémoire vive prolonge donc bien au delà de la sortie du livre.

Suite aux voyages organisés à Auschwitz quelques élèves ont écrit des textes pour partager avec nous les émotions ressenties lors de ce voyage et surtout pour que les générations futures n'oublient pas l'horreur de cette guerre. Voici quelques uns de ces textes lus au CRDP.

Texte écrit par Sarah FICHET en mai 2001 (en 5ème 3) : MA VISITE à AUSCHWITZ
Le racisme existe depuis la nuit des temps, il n’a jamais cessé d’exister et il se rencontre sous diverses formes, de la moindre à la plus forte. Mais s’il y a bien une période où il fut le plus présent, le plus horrible, où tout le monde redoutait de passer à la chambre à gaz, ce fut bien pendant la seconde guerre mondiale.
J’arrive à l’entrée du camp, maintenant désert, je franchis le portail où figure encore cette inscription cynique : " Arbeit Macht Frei ", " Le travail rend libre ". quelle ironie , dans un camp d’extermination où tout le monde finissait par mourir.
Je fais quelques pas et reste étonnée de voir toutes ces petites fleurs jaunes et la photo de l’orchestre qui était là jadis et qui inspire plutôt la gaieté. Mais peut on parler de gaieté ici, où des millions de personnes ont passé leurs derniers jours ?
Je continue d ‘avancer, tout en suivant le chemin bordé par toutes ces baraques, tous ces blocs alignés. J’entre enfin dans l’un deux, transformé en musée. Je monte les escaliers étroits par lesquels sont passés des milliers de déportés qui rentraient après onze heures de travaux forcés, tout endoloris par les coups des capots.
En haut, se trouvent de nombreuses cartes, photos, maquettes, … Et je découvre alors l’étendue de l’horreur nazie. Dans une vitrine, je vois une plaque commémorative surmontée d’une urne. Je ne comprends pas tout de suite la signification de cette scène mais bientôt le guide explique que ce sont les cendres des derniers déportés que les nazis n’ont pas eu le temps de jeter dans l’une des diverses mares avoisinantes.
Dans la pièce d’à côté, des photos, de femmes, d’enfants et d’hommes, encore bien habillés, ignorants que la mort les attend pour la plupart, au bout du chemin. Ils descendent de ces wagons à bestiaux où ils étaient entassés depuis plusieurs jours sans voir la lumière. Un train, des enfants et sur le wagon, une plaque :SNCF.
La visite se poursuit dans un autre bloc. Ecœurée, je découvre sept tonnes de cheveux, certains encore tressés, des cheveux de femmes qui étaient envoyés dans une usine allemande de textile. Je me retourne et découvre derrière moi le tissu fait avec la chevelure de tous ces juifs, tziganes,…
Dans la salle suivante, des milliers de paires de galoches, de chaussures, de sandalettes, d’escarpins entassés. Puis, dans une autre pièce, des valises avec les noms de toutes ces personnes, des vêtements de bébés, des chaussures d’enfants, des brosses à cheveux ou à dents, de la vaisselle, du cirage,… La liste serait trop longue. Tous ces objets sont la preuve que les déportés pensaient continuer à vivre ou au mois à mener une vie qui s’approchait du normal.
La visite continue, nous traversons le camp et nous arrivons devant le bloc 11, le bloc de la mort. Dans les sous-sols, se trouvent des cellules. Là, certains étaient condamnés à rester debout pendant plus d’une nuit, d’autres à mourir de faim alors que plusieurs attendaient d’être fusillés.
Nous ressortons du bloc, tous secoués, choqués. Puis, dans une petite cour, reliée au bloc 11 par un couloir, nous rejoignons un autre groupe d’élèves français. Là nous nous tournons vers le mur des fusillés où quelques gerbes ont été déposées. A notre tour, nous en déposons une. La minute de silence qui suit est très éprouvante et je ne peux dire combien l’émotion est forte et combien de larmes sont versées.
Après un discours remarquable, nous revenons sur nos pas , personne n’ose briser le silence. Je passe un bras sous celui d’une de mes amies, recherchant un soutien moral.
Je marche entourée de mes camarades, mes professeurs, ces anciens déportés et les guides.
Nous nous dirigeons vers le Crématorium. Nous passons d’abord dans une grande pièce : la première chambre à gaz, c’est ici que le zyklon B, ces petits granulés bleus, furent testés.
Ensuite, sur ma gauche, j’aperçois des rails, le guide nous pousse alors dans cette direction et là je découvre une autre horreur : le four crématoire. Une gerbe y est déposée. Le guide parle et fait coulisser le chariot qui grince, grince, grince,… J’en ai l’estomac noué.
En faisant ce voyage, j’ai compris que notre présence était essentielle, qu’il fallait que nous soyons là pour pouvoir transmettre un important message. Car, à Auschwitz-Birkenau, les camps de la mort mis en place pour la solution finale, les souffrances ou tortures étaient autant morales que physiques. Mais on ne peut pas tirer un trait sur cette horreur, il faut s’en souvenir et en parler aux générations futures pour que rien de tel ne se reproduise :

  " C’est le devoir de mémoire "

Présentation de l'équipe qui a écrit le livre :

Elèves et professeurs qui ont travaillé sur le PAE déportations.

Le projet a été réalisé en relation avec le lycée Malherbe de Caen et l'association Mémoire vive, qui réunit des familles d'anciens déportés.

Les familles de déportés sont venues témoigner au collège. MM., Frémont, Hommet, Cimier, Goguet, Rossi, Simon, Doktor, ont apporté des documents et ont répondu aux questions qui leurs ont été posées.

Les contacts avec les familles ont été émouvants, tous étaient heureux de parler de leurs proches disparus. Des survivants ont également témoigné comme André Montagne.

A la fin de l'année scolaire 2000-2001, un voyage a été organisé à Auschwitz avec les élèves qui ont participé à ce projet.

Pour acheter le livre : 

Le livre est vente au prix de 21,34 € :

au collège Paul Verlaine, route de Bougy 14210 Evrecy
ou
au Lycée Malherbe, 14 av. Albert Sorel 14000 Caen
ou
 au Cahier du Temps à Cabourg