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Le journal : Famille bis

Interview de Madame Zachara  menée par Georges, Marion et Pauline :

Madame Zachara fait le métier de famille d’accueil à Evrecy depuis treize ans. Elle a bien voulu qu’on l’interviewe pour vous.

Pourquoi j’ai fait ce métier ?
Pour une raison personnelle. Mon mari avait un frère et une sœur qui étaient placés en foyer et qui l’ont vécu très tristement. J’ai voulu les aider, les prendre chez moi, mais ce n’était pas possible car j’étais trop jeune. Ensuite, j’ai eu trois enfants. J’ai commencé à être famille
d’accueil quand ils ont été plus grands. Je fais ce métier depuis treize ans. Mon dernier fils était adolescent. Il était jaloux et ne supportait pas le comportement de certains enfants, parfois violents, à mon égard. J’arrêterai quand j’aurai environ soixante ans ; mais j’attendrai que le dernier enfant atteigne ses dix-huit ans.


Mme Zachara et Georges devant leur maison

Les satisfactions de ce métier :
C’est surtout qu’on sert à quelque chose. On peut échanger avec les enfants. L’adolescence est une période intéressante. Par exemple, un des enfants de douze ans ne savait pas lire. Toute la famille s’y est mise. A présent, il est jockey ; il a réussi son CAPA de jockey, écrit et oral.

Les difficultés :
Il y a bien sûr des moments difficiles : certains enfants font des fugues (parfois pour rentrer chez eux), d’autres sont perturbés et font de grosses colères. Il y en a même qui volent et qui se retrouvent chez les gendarmes. Je ne pourrais pas m’occuper d’enfants intellectuellement déficients, c’est trop dur. On n’est pas assez formé pour cela. Le métier d’éducateur m’aurait plu, mais je n’ai plus l’âge de faire une formation de ce type. On ne choisit pas l’enfant que l’on doit garder, mais parfois, dans son intérêt, on
peut exprimer une demande ; par exemple, j’avais une petite fille en garde, j’ai demandé à en avoir une autre de son âge, plutôt qu’un garçon, pour lui tenir compagnie.


Dans le salon. Nougat est le chat de la maison, il est le compagnon préféré de Georges.

Droits et devoirs :
On fait en sorte que l’enfant retourne chez ses parents. Sur sept enfants, deux sont retournés chez eux mais dans l’un des deux cas, ça a été un échec. On accueille les enfants pour différentes raisons. Par exemple, quand une mère meurt et que le père a des difficultés : s’il ne peut pas garder son enfant, un juge décide le retrait temporaire et volontaire. Mais il peut récupérer son enfant à tout moment. Pour le week-end et les vacances, c’est encore
le juge qui décide. Cette décision est révisée tous les 2 ans.es parents ont un droit de visite ; dans ce cas, les rencontres de l’enfant avec ses parents peuvent être faites dans un centre social. Nous n’avons pas de droit sur l’enfant. On ne remplace pas sa mère, on ne la remplacera jamais ; on est à côté.

Ce sont les parents qui prennent la décision, ou, s’il ne peuvent pas, c’est le juge qui décide pour eux . Notre devoir : ne pas juger les parents. Nous devons accepter les différences de cultures, respecter leur identité.

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