Les origines d'Evrecy

L'église d'Evrecy avant sa destruction en 1944

Il existait au 7ème siècle à Evrecy, un monastère qui jouissait d'une grande notoriété. A l'époque, les terres sur lesquelles avait été construit cet édifice religieux appartenaient à l'évêché de Bayeux. On retrouve d'ailleurs les traces d'un certain Saint Annobert ou Hubert (654 - 706), ancien abbé d'Evrecy, auquel les habitants auraient voué un culte. Ce monastère va être détruit au 9ème siècle par les différentes invasions barbares en Normandie.En 1867, la découverte au nord de notre commune et immédiatement à côté du bourg, dans un champ nommé "les Madeleines", de 35 tombes de l'époque gallo-romaine avait permis aux experts de l'époque d'affirmer que Evrecy avait dû être un centre religieux d'une certaine importance.Des annales religieuses datant du 7ème siècle font, en effet, déjà référence à une localité appelée OBRECIUM, HEBRECIUM ou encore EVRECHIUM. Mais le nom que l'on retrouve le plus souvent dans ces écrits est EVRECEIUM. Là est sans aucun doute l'origine du nom actuel de notre municipalité.

Au 10ème siècle, les évêques de Bayeux reprennent possession des terres d'Evrecy pour y instaurer, au 11ème siècle une Châtellenie. La châtellenie était le nom donné à la justice rendue par le seigneur châtelain qui possédait un château ou une maison forte. En effet, en 1037, l'évêque Hugues II de Bayeux possédait sur la terre d'EVRECY (appelée alors VRECI) un donjon et un château dit "château de Montifila". Ce château se situait sur une motte seigneuriale au sud-ouest du bourg. Le chemin qui longeait ce lieu et qui monte de l'église à la place de la Mairie porte encore aujourd'hui le nom de "chemin du château".

A partir de 1204, ce sont les rois de France qui deviennent titulaires de la châtellenie d'Evrecy. Le 23 mars 1371, le roi Charles VI visita la forteresse de VRECHY (vraisemblablement l'une des dernières évolutions vers le nom actuel de notre commune).

En 1417, Henri V, roi d'Angleterre, prend possession des terres d'Evrecy. Ce n'est que vers 1450, après la délivrance de la Normandie, que les rois de France récupèrent la châtellenie.

A partir de ce moment, château et forteresse vont tomber dans l'oubli avant de tomber en ruine... A la fin du 17ème siècle, le donjon d'Evrecy n'existait plus, seule son enceinte se voyait encore.

Voir également : La découverte d'une nécropole mérovingienne

 

Evrecy pendant la 1ère guerre mondiale

En 2015, 9 élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy dans le cadre du Prix du jeune historien du Calvados, ont créé un blog consacrée à la Première Guerre Mondiale dans ce département.

Ils ont choisi d’étudier l’impact de la Première Guerre Mondiale à Evrecy. Pour ce faire, ils ont reconstitué la liste des hommes mobilisés originaires d’Evrecy, ont tenté de dresser un bilan humain du conflit et se sont également interrogés sur la façon dont ce bourg fait le deuil de ses morts dans les années 20. Ils ont aussi noté la présence de réfugiés originaires des départements occupés et se sont intéressés à la manière dont s’est exercée la solidarité en temps de guerre.

Voir le blog : Evrecy durant la 1ère guerre mondiale

 

Evrecy entre les 2 guerres

 Voici quelques photos de la commune avant les bombardements de 1944 :

 

15 juin 1944 : Evrecy bombardée

Evrecy a versé un tribut exceptionnellement lourd aux combats de l'été 1944. Au cours des trois bombardements qui se sont succédés durant cette période, notre commune a perdu 130 de ces concitoyens sur une population totale d'environ 400 personnes. Les obus ont détruit à 86 % le village laissant ainsi aux rescapés un immense champ de ruines.

Voici le récit de ce qu'ont connu 400 personnes dans la nuit du 14 au 15 juin 1944. Ces notes ont été prises par M. Pierre VOISIN, Maire Honoraire de la commune, lors des bombardements (Extrait du livre "Evrecy - 15 juin 1944" publié par la commune à l'occasion du 40ème anniversaire des bombardements).

 

Le récit de M. Pierre Voisin

3h à 3h20 : Bombardement aérien d'EVRECY. Effrayant. Nuit sans lune. Impossible de discerner les éclatements de bombes tant ils sont nombreux pendant les 15 premières minutes. C'est l'enfer ! 40 personnes dans la cave où tout tangue comme un cargo. Début de panique. Beaucoup veulent s'enfuir : il faut les calmer.

 Au bout d'un quart d'heure, court répit, suivi d'une deuxième vague moins violente.

Des équipes se constituent aussitôt pour organiser le sauvetage des blessés qui affluent au poste de secours dirigé par le docteur Gabriel HAUTTEMENT. Celui-ci fait preuve d'un admirable courage. Il prodigue du mieux qu'il peut, sans désemparer, ses soins aux victimes, alors que les deux premiers blessés qu'on lui apporte sont sa mère et sa soeur : elles expirent l'une après l'autre dans ses bras.

EVRECY est presque entièrement rasé. Atmosphère irrespirable.

Les cris des blessés, des murés éclatent de tous les côtés. Des familles entières sont disparues : tuées, étouffées dans les abris, brûlées dans les nombreux incendies.

Vers 15h, les équipes d'urgence de la Croix Rouge de CAEN réussissent à gagner EVRECY et à évacuer, au prix d'énormes difficultés, 36 grands blessés sur le BON SAUVEUR. Les blessés légers restent provisoirement sur place.

Le soir, 28 corps reposent sous le porche de l'église dont les voûtes sont en partie effondrées.

Quelle tristesse ! Quelle désolation ! Plus de maisons... plus de routes... tout est écroulé, arraché, retourné... fouillis indescriptible ... rues impraticables : les décombres y dépassent parfois 3 mètres... plus une feuille aux arbres... plus un oiseau...

 

Vidéo de l'INA

 Source : INA.fr

 

Photos d'Evrecy après le bombardement

Les commémorations

Deux monuments commémoratifs ont été édifiés en mémoire des victimes civiles et militaires des deux guerres mondiales.

  • Le monument aux morts, situé dans le bourg de la commune, et devant lequel se recueillent chaque année les élus, anciens combattants et des élèves de nos écoles en mémoire des soldats et habitants d'Evrecy tués au cours des combats et notamment lors de la terrible nuit du 15 juin 1944.
  • Le monument commémoratif dédié aux combattants gallois des RWF pendant la 2ème guerre mondiale est situé à la sortie de la commune en direction de Caen.
Monument aux morts
Monument gallois

Ainsi, le 17 juillet 2000, un détachement de 300 militaires du régiment "The Royal Welch Fusiliers" précédé de sa mascotte, un bouc angora blanc offert par la Reine, est venu du Pays de Galles, en Grande-Bretagne, pour inaugurer le monument érigé à l'entrée de notre commune. Quelques-uns de ces militaires sont actuellement en activité, mais la majorité d'entre eux sont retraités. Ils étaient accompagnés par une vingtaine de vétérans âgés de 75 à 85 ans, ayant participé à la Bataille de Normandie et en particulier aux attaques sur Evrecy de la mi-juillet 1944. Trois veuves ou filles de soldats tués à Evrecy le 17 juillet 1944 étaient aussi présentes.

Ce monument, dédié à tous les morts du "Royal Welch Fusiliers" tombés pendant la Bataille de Normandie, est constitué d'un bloc de marbre de 5 tonnes portant sur 3 de ses faces des plaques d'ardoise galloise avec des inscriptions gravées en anglais, en gallois et en français.

Le choix de notre commune pour l'érection de ce mémorial a été dicté par le fait que sur les 235 hommes des 4è, 6è et 7è bataillons tombés de juin à août 1944, 120 d'entre eux, soit la moitié, ont été tués au cours des attaques sur Evrecy des 16 et 17 juillet 1944. L'attaque du 17 juillet dirigée vers la ferme de Mondeville a été pour ces 3 bataillons la plus meurtrière de toute la Bataille de Normandie. Elle s'est en partie déroulée à l'endroit même où se situe actuellement ce monument.

Après l'inauguration (en grande partie sous la pluie) de ce mémorial par le Général de Brigade D.J. ROSS, commandant le régiment, deux pasteurs de l'église Anglicane et le prêtre de notre paroisse, les participants Britanniques et Français sont allés déposer une gerbe au monument aux morts d'Evrecy.

En suivant la musique et les drapeaux gallois et français, tout le groupe a alors défilé dans la rue principale du village, en direction du gymnase où ont eu lieu les traditionnels discours et le vin d'honneur offert par la municipalité.

Nos amis Gallois sont ensuite allés jusqu'à Gavrus où existe depuis plusieurs années une place du "Royal Welch Fusiliers".

Les "Royal Welch Fusiliers" devant leur monument le 06 juin 2004